• La confiance est-elle vitale ?

      5 à 7 Philo du dimanche 23 février 2019 : 21 participants

    La confiance est-elle vitale ?

    Introduction (par Anne)

    Analyse de la question

    Confiance

    Gd Larousse : nom féminin, (du latin confidentia et de l’ancien français fiance : confiance, foi). Je n’ai pas retenu les expressions avec le mot. 1) assurance, hardiesse, courage qui vient de la conscience qu’on a de sa valeur, de sa chance : Faire face aux difficultés avec confiance. 2) sentiment de quelqu’un qui se fie entièrement à quelqu’un d’autre, à quelque chose : Notre amitié est fondée sur une confiance réciproque. 3) sentiment d’assurance, de sécurité qu’inspire au public l’état stable des affaires, de la situation politique…

    Synonymes : crédulité, foi, espérance, assurance, sûreté, fiabilité, abandon, fermeté.

    Antonymes: méfiance, défiance, embarras, gêne, désespoir, incrédulité, appréhension, doute, scepticisme.

    Vitale

    Gd Larousse : adj (du latin vitalis, et de vita : vie).  1) se dit de ce qui est relatif à la vie : fonction vitale des organes, principe vital. 2) se dit de ce qui est essentiel à la vie : l’air, l’oxygène, se nourrir. 3) se dit de ce qui est essentiel, absolument nécessaire, indispensable à quelqu’un, à son existence : la liberté, un besoin vital. La lecture est vitale pour lui. 4) se dit de ce qui est absolument nécessaire pour maintenir l’existence, le niveau de développement d’un groupe, d’une région, d’une entreprise… : l’agriculture est vitale pour le pays.

    Synonymes : indispensable, primordial, essentiel, capital.

    Antonymes : superflu, inutile, secondaire, accessoire.

    Introduction à l’échange

    Qu’est-ce que la confiance ? Michela Marzano (Cairn) philosophe italienne chercheuse au CNRS écrit :

    « Au sens strict du terme, la confiance renvoie à l’idée qu’on peut se fier à quelqu’un ou à quelque chose. Le verbe confier (du latin confidere : cum, « avec » et fidere « fier ») signifie, en effet, qu’on remet quelque chose de précieux à quelqu’un, en se fiant à lui et en s’abandonnant ainsi à sa bienveillance et à sa bonne foi. L’étymologie du mot montre par ailleurs les liens étroits qui existent entre la confiance, la foi, la fidélité, la confidence, le crédit et la croyance. Depuis la Modernité pourtant – et la fin du modèle théologico-politique qui pensait la confiance en termes de foi en Dieu –, nombreux sont ceux qui préfèrent concevoir la confiance comme un mécanisme de réduction des risques, ou encore comme le fruit d’un calcul rationnel, en laissant de côté ce qui nous paraît être une composante essentielle de notre confiance : le fait qu’elle place d’emblée celui qui fait confiance dans un état de vulnérabilité et de dépendance »

    Il y a d’une part la confiance en soi-même, celle le plus souvent traitée par les philosophes, et d’autre part la confiance en l’autre que ce soit individu ou une collectivité et qui est plutôt étudiée par les sociologues. 

    Résumé de l’échange (par Mireille)

    Complément à l’introduction 

    Mireille : D’après le Dictionnaire historique de la langue française, le mot « confiance » au 13e siècle  s’écrivait « confience », emprunté au mot latin classique «confidentia » ; le mot autrefois doublet de « confidence » exprimait la foi en quelque chose, en quelqu’un. Par rapport à la foi il est laïc et psychologique : il a plus d’analogie avec espérance et implique un sentiment de sécurité. Au début du 17e il a prit la nuance « d’assurance », notamment dans « confiance en soi »

    Qu’est-ce que la confiance ?

    Mireille : En effet la confiance est une relation harmonieuse et vraie. Comme tu le dis, Anne, il y a plusieurs situations où la confiance s’exprime : Dans la relation avec autrui, c’est une croyance spontanée ou acquise en sa valeur morale, affective, professionnelle etc. qui fait que l’on est incapable d’imaginer de sa part trahison, mensonge ; incompétence etc. ; dans la  relation de soi à soi, c’est l’assurance que l’on peut avoir en ses propres ressources et en sa destinée ; mais c’est aussi dans la relation que l’on peut avoir au monde et aux choses, un sentiment de sécurité, d’harmonie avec le monde qui nous entoure.

    Catherine : J’ai envie de parler de la confiance en la vie faire confiance en la vie c’est faire avec ce qui vous arrive. Il y a ceux qui trouvent toujours des problèmes quand on leur donne des solutions et ceux qui voient une opportunité dans les problèmes qui leur arrivent

    Mireille : On peut voir la vie avec optimisme ou pessimisme. L’optimiste aura une approche confiante en l’avenir. La confiance, vision positive du futur ou optimisme dans l’incertitude, s’appuie en général sur un raisonnement et une certaine expérience. La confiance est l’opposé de la peur ou de l’inquiétude. Le pessimiste restera enfermé dans le doute.

    Jacques : la confiance est aussi liée à l’élan vital individuel. Quand on est en bonne santé on a envie de vivre, on a confiance en la vie. Je ne l’opposerais pas forcement au doute qui est un autre problème. Le doute n’est pas sujet à la maladie, il fait plutôt partie de la raison. Descartes disait qu’il avait confiance en son doute. Par contre quand on est du côté de l’émotion, du sentiment, la confiance bascule différemment et prend d’autres visages.

    La confiance est elle vitale, oui et non. On peut moduler cette réponse : doit-on pour répondre se placer côté raison ou côté émotion ?

    Pierre : Je suis d’accord avec Jacques qui module cette notion de confiance. On a tendance à dire qu’on a confiance ou qu’on n’a pas confiance que c’est tout l’un ou tout l’autre. Je pense que la confiance a, en effet, des nuances. J’ai confiance en mon voisin pour des questions de bons voisinages, ce n’est pas pour autant que je vais lui confier ma vie intime. On peut faire confiance pour certaines choses mais pas pour d’autres. J’aime bien cette notion de confiance modulée qui n’est pas absolue pour tout.

    Mireille : La confiance est aussi liée au caractère de la ou des personnes. Les gens du Sud accordent très vite leur confiance quitte à la reprendre pour un oui ou pour un non, alors que les gens du Nord sont méfiants au départ mais quand ils la donnent ensuite, sauf trahison évidente, ils sont plus fidèles à leur engagement.

    Alain : La confiance ne va pas sans prise de risque. On peut risquer sans trop de confiance et s’en trouver bien. Il n’y a pas que le risque social, on peut risquer de l’argent, risquer sa vie en montagne, sur un bateau. Les gens qui ne risquent rien ne font rien.

    Pierre : Je pense qu’il faut bien différencier la confiance en l’autre de la confiance à une chose et de la confiance en soi. Dans les premiers cas le terme même de confiance suppose une certaine dose d’incertitude. Par contre la confiance en soi est moins risquée car elle est basée sur la connaissance de soi et de nos capacités. 

    Anne : J’en profite pour vous lire ce que dit Flavien Le Bouter (EHESS, Paris) : « Définir la confiance exige dans un premier temps de déterminer son objet. On a d’abord foi en des personnes ; mais on peut aussi accorder son crédit à des choses ou des institutions.  Un examen plus minutieux montre ainsi que l’objet de la confiance peut-être un système social général, une institution, un système technique ou expert, une organisation, un produit, un professionnel, un Dieu, une personne ou soi-même. En conséquence, une analyse sociologique rigoureuse de la confiance devrait se faire à plusieurs niveaux. La confiance présuppose un manque de savoir, une insuffisance de l’information. Elle exige un saut dans l’incertitude et comporte de ce fait toujours un risque. »

    Mireille : La confiance est un sentiment qui me porte à me fier à une réalité incertaine. « Je fais confiance en sachant que le meilleur, le moins bon et le pire sont également possibles. La confiance est assurance irrationnelle. Elle s’affirme contre les doutes distillés par la raison, naturellement hostile à ce qui lui échappe. Pour se maintenir en vie, la confiance doit combattre en permanence le scepticisme de la raison (article de Eugénie Vegleris docteur en philosophie « approche philosophique de la confiance »). L’équilibre est à trouver entre sentiment et raison

    Monique : Que ce soit vis-à-vis de soi même ou de la société il faut garder toujours une part de doute le doute est aussi vital que la confiance.

    Confiance : relation de soi à soi

    Anne : « Pour avoir confiance en « soi », il faudrait déjà que le « soi » existe ! Or, si par « soi » nous entendons un « soi » unifié, solide et fixe, doté de qualités essentielles, rien n’est moins sûr. Les psychologues, enseignants ou coaches sportifs s’accordent à dire que la confiance en soi se conquiert dans l’action, par l’habitude et la répétition. Mais si nous nous arrêtons un temps sur cette idée, elle comporte en fait une contradiction. Si la confiance en « soi » se gagne dans l’action, c’est précisément qu’elle n’est pas une confiance en un « soi » pur, doté d’une valeur intrinsèque, mais davantage une confiance en cette rencontre entre le « soi » et le monde, en cette action qui nous permet de nous découvrir et de rencontrer les autres –voire, au-delà, une confiance en la vie elle-même. » (philomag.com article « que signifie avoir confiance en soi »)

    Nadine : La confiance en soi vient beaucoup de l’éducation, un enfant à qui on interdit tout et qu’on critique sans cesse ne pourra pas prendre confiance en lui.

    Francine : Ce qui est important dans l’éducation c’est donner confiance à un enfant c’est lui faire le plus beau cadeau. En France, dans l’enseignement scolaire on ne donne pas confiance aux enfants quand un enfant fait une erreur on le critique. La critique fait partie du caractère français

    Mireille : Ce sentiment de sécurité qu’est la confiance est à la base de nos relations depuis que nous sommes tout petits. C’est parce que la confiance était là au départ que nous avons pu nous lever et nous mettre à marcher en sachant que quelqu’un serait là pour nous relever.  « Si la genèse de la confiance dépend de la continuité et de la présence d’autrui comme source de sécurité et de prévisibilité, elle ne peut être reproduite par les actions de l’enfant que dans une situation d’absence et de discontinuité vis-à-vis des donneurs de soins primaires. Dans un premier temps, c’est à travers la constitution des habitudes et des routines d’action et d’interaction que l’enfant pourra accéder progressivement à l’autonomie corporelle et constituer un sentiment de confiance dans la continuité du monde des objets, dans ses propres capacités et finalement dans le tissu de l’activité sociale. »  (Article de Pedro Salem psy chercheur université de Sao Paulo – site Cairn info) 

    Anne : Charles Pépin dans « la confiance en soi » écrit : «Ce que fait la philosophie, c'est montrer les fondements de la confiance en soi, mais les fondements philosophiques". "Tous les psychologues vous disent : « Si tu veux prendre confiance en toi, il faut agir, passer à l'acte. » Eh bien, les philosophes disent ce que c'est que l'action. Ils montrent que l'action n'est pas seulement un terrain d'entraînement de la volonté pour prendre confiance en soi, mais c'est l'occasion de rencontrer le monde, de rencontrer autrui, de se rencontrer."

    Jean Luc : Dans les synonymes de confiance  tu as cité « assurance » et « crédulité » qui pourtant me semble être le contraire. La personne qui a confiance en elle agit avec assurance alors que la personne crédule va hésiter et douter. 

    Francine : A propos de la confiance en soi, j’ai noté cette phrase d’Hegel « Nous ne devons pas attendre d’avoir pleinement confiance en nous pour agir, mais agir pour prendre confiance en nous. » et Jean Paul Sartre a dit « Il faut sortir de soi et sortir de chez soi pour prendre confiance en soi »

    Michel : Il faut se méfier de trop de confiance en soi. Une personne bipolaire passera de l’excès de confiance en lui : il se sentira capable de tout puis le lendemain chutera dans le doute le plus total. Sans allez jusqu’à la pathologie on doit à un moment ou un autre se mettre des limites.

    Anne : Emerson « La confiance en soi » : « Mon devoir et non l’opinion des hommes, voilà ce qui me concerne. Cette règle également sévère et ardue dans la vie active et dans la vie individuelle, peut servir à faire la distinction entre la grandeur et la bassesse. Cette règle est la plus difficile à suivre, car vous trouverez toujours des hommes pénétrés de la pensée qu’ils savent mieux que vous-même quel est votre devoir. Dans le monde, il est aisé de vivre conformément à l’opinion du monde ; dans la solitude, il est aisé de vivre d’après notre propre opinion ; mais le grand homme est celui qui, au milieu de la foule, conserve avec une pleine douceur l’indépendance de la solitude. »

    Francine : Je pense que la confiance est intuitive.

    Mireille : Si on n’a pas un minimum confiance en soi je ne vois pas comment on peut faire confiance à l’autre.

    Confiance : Une relation avec autrui

    Catherine : La confiance c’est faire avec « cum »  c’est donner une part à l’autre  c’est important de la même façon pour apprendre à faire du vélo il faut se lancer on va avoir à faire avec la vitesse et l’équilibre faire confiance c’est se jeter dans l’inconnu.

    Monique : La confiance n’est-elle pas l’enfer. La confiance aux autres et facteur de mort de danger. J’associe ça avec un troupeau de moutons quand un saute de la falaise tous les autres le suivent. C’est l’extrême bien sûr.

    Monica : Je pense que, dans la vie, l’amitié est vitale et il ne peut pas y avoir d’amitié sans confiance. Ce sont deux sentiments intimement liés. Que ce soit en amitié ou en amour il faut avoir confiance en l’autre pour pouvoir partager, faire ensemble. Cela n’empêche pas parfois d’avoir des déceptions et être profondément blessé quand on se rend compte qu’on s’est trompé.

    Linda : Donner la confiance aux autres est plus important que la confiance en soi, c’est ne pas être isolé c’est la base de belles relations. La méfiance peut être mortelle.

    Mireille : Pourquoi certaines personnes nous inspirent confiance et pas d'autres ?  Il semblerait que ce qui nous inspire confiance est en premier lieu ce qui nous ressemble, ce que l'on reconnaît, ce qui nous paraît familier, proche, avec lequel nous partageons une communauté de valeurs, de principes. L’émotion qui vient naturellement, animalement, dès que du différent survient, c'est la peur. Faire confiance ou se méfier est au départ instinctif. Nous sommes des animaux, les animaux quand ils se rencontrent commencent par s’observer, se renifler. Il y a au départ une méfiance réciproque, puis une connaissance réciproque, enfin bienveillance réciproque qui permet de se côtoyer en sécurité, en confiance. 

    Anne : Je ne suis pas tout à fait d’accord. On peut en effet instinctivement faire confiance à quelqu’un mais qui n’est pas nécessairement semblable à nous. Ça tient à quelque chose d’un petit peu flottant qui est sans doute l’essentiel de la vie, peut être l’intuition

    Francine : Christian Bobin écrit «  La confiance est une capacité enfantine d’aller vers ce qu’on ne connait pas comme si on le reconnaissait ».

    Mireille : C’est cette impression de reconnaissance dont je parlais qui n’est pas forcement consciente.

    Monique : Par rapport à ce qu’à dit Francine que « la confiance est une faculté d’enfant », l’enfant effectivement fait confiance mais il s’en va, il avance mais il tombe, alors il pleure très fort parce qu’il est déçu, ça devient une expérience. Il me semble que plus on avance en âge, plus on amasse des expériences défavorables et on a moins tendance à avoir confiance, dans la vieillesse on se racornit un petit peu on perd ce côté naïf de l’enfant.

    Jacques : Quand on a confiance en quelqu’un on voit son visage qui est un reflet. Il y a des personnes en qui on ne fait pas confiance par préjugé de « sale gueule » La confiance que l’on a est fonction de l’idée qu’on a de l’autre. Il faut s’interroger sur les préjugés que l’on peut avoir. Il y a énormément de nuances dans la confiance, ça bascule d’un côté ou d’un autre selon la réaction et le comportement de la personne. Je pense que la confiance dans les autres est un mystère qui fait partie de celui de l’existence, la confiance en soi, dans la vie et le besoin des autres.

    Macha : Certaines personnes inspire naturellement confiance.

    Michel : Attention les bons escrocs inspire toujours confiance.

    Mireille : Le sociologue Hollande dit qu’il existe tant de définitions du terme de confiance qu’une seule définition serait insuffisante pour capter l’essence du concept. Pour lui, « Il existe deux types de confiance : la confiance naturelle et la confiance subjective. Naturelle en référence à la tendance naturelle d’un individu à croire les autres personnes et qui varie suivant ses attitudes, sa personnalité et ses expériences passées. Elle est indépendante d’une situation spécifique; elle varie d’un individu à l’autre et peut changer dans le temps. La confiance subjective dépend d’un ensemble particulier de circonstances et d’un partenaire économique spécifique. Elle est donc fonction de la confiance naturelle et de facteurs conjoncturels. »

    Francine : Charles Pépin dans son ouvrage «  La confiance en soi » écrit «  Tout parent, tout maitre, tout professeur, tout ami au sens d’Aristote, devrait avoir sans cesse à l’esprit cette double manière de donner confiance : d’abord mettre en confiance, ensuite faire confiance. D’abord sécuriser, ensuite « insécuriser » un peu. Nous avons besoin des deux pour oser nous aventurer dans le monde. Et souvent, ces deux dimensions se mêlent dans le regard que les autres portent sur nous : découvrant la confiance dans leurs yeux, nous nous sentons plus forts. »

    Différence entre Confiance et Conviction

    Jacqueline : Quelle différence y a-t-il entre la confiance et la conviction qu’on a de quelque chose de très fort ? Quand on est convaincu on a confiance en soi parce qu’on est très sûr de ce qu’on pense.

    Jacques : la conviction me semble bâtie sur quelque chose, de bien étayé ; je suis convaincu que 2 et 2 font 4, il n’y a pas de doute. J’envie les mathématiciens qui sont hors du doute. Je ne suis pas crédule sur le théorème de Pythagore C’est la différence entre la conviction et la croyance.

    Pierre : Je ne suis pas d’accord, la conviction suppose que pour quelqu’un d’autre ma conviction n’existe pas. Quand je dis « je suis convaincu » ça suppose que quelqu’un d’autre pourrait avoir un avis différent. Ce n’est pas quelque chose d’absolu comme les choses étayées de manière irréfutable de mathématiques dont tu parles.

    Jacques : Je suis de ton avis car, en fait, dans convaincu il y a « vaincu ».

    Mireille : Quand tu parles du mathématicien ce n’est pas de la conviction qu’il a, c’est de la connaissance. Je pense que le fait de connaitre une personne, soi-même, ou une situation est facteur de confiance.

    Alain : Les espagnols ont deux verbes différents pour « être », « ser » et « estar ». « Je suis confiant » se dit « ser confiando », et « être convaincu » : « estar convencido », là, il n’y a pas de doute.

    Manque de confiance

    Nadine : On peut ne pas avoir confiance en soi, manquer d’assurance mais malgré tout faire    confiance aux autres mais on est alors un peu vulnérable et influençable.

    Linda : On peut grandir dans la confiance mais les évènements de la vie peuvent ébranler notre confiance. La confiance est le résultat d’une longue expérience. Les enfants ont une confiance aveugle à tout ce qu’on leur dit car ils sont naïfs. Plus tard, après des déboires, nous hésitons avant de faire confiance, pourtant la vie serait invivable si nous ne faisions confiance à personne.

    Mireille : « Notre manque de confiance plonge ses racines dans notre nature humaine. Dans l’errance attachée à tous nos pas, physiques et mentaux. Dans la difficulté de distinguer la réalité de la fiction, le danger effectif du péril imaginaire » (article de Eugénie Vegleris docteur en philosophie « approche philosophique de la confiance »)

    Anne : Aristote dans « L’éthique à Nicomaque » dit : « Celui qui nourrit une confiance excessive est téméraire. » au contraire celui qui manque cruellement de confiance est un lâche (article de Charles Pépin dans philomag)

    Mireille : Je voudrais revenir sur la notion de risque. On peut dire qu’avoir confiance c’est prendre le risque d’être ou de faire, alors que le manque de confiance est lié à la peur, peur de l’inconnu, peur des conséquences peur de l’autre. La peur paralyse.

    La confiance est-elle vitale ?

    Jacques : Au point de vue économique, la confiance que nous avons en la monnaie est essentielle. S’il n’y avait plus cette confiance tout cet échafaudage économique disparaitrait

    Anne : A ce sujet, j’ai pensé ce matin à cette époque lointaine où les échanges commerciaux se faisaient en se tapant dans la main. Ce geste témoignait l’accord de confiance.

    Monique : La confiance en économie n’est pas vraiment un exemple philosophique de la confiance, mais c’est un exemple de la crédulité. Ou alors, c’est un pari, on fait confiance à la société parce que c’est commode.

    Linda : C’est vrai que si on n’a pas confiance en la monnaie tout s’écroule. De même si on n’a pas confiance à notre ami, notre frère, notre compagnon, je pense que tout s’écroule quand on n’a pas confiance et que tout existe quand on a la confiance, qu’on a la foi. Ce n’est qu’en étant confiant qu’on va naturellement vers les choses ? C’est en fonctionnant et entreprenant avec confiance qu’on peut faire avancer nos affaires personnelles et nos affaires communes. Je pense que la confiance est primordiale pour la vie, pour une société. La méfiance qui se développe aujourd’hui dans nos sociétés me semble beaucoup plus dangereuse.

    Mireille : La confiance est à la fois fondamentale et dangereuse ; elle est fondamentale car sans confiance, il serait difficile d’envisager des relations humaines ou de bâtir des projets qui se développent dans le temps ; elle est aussi dangereuse, car elle implique les risques de la faillibilité humaine et de la trahison. Comment assumer ces risques sans glisser de la confiance à la crédulité ?

    Jean Luc : La confiance est vitale car sans confiance on ne fait rien, on ne bouge plus. On a assisté il y a quelques jours à une conférence sur l’Europe. Aujourd’hui beaucoup sont sceptiques, plus personne n’y croit, on est arrivé à un stade où rien ne bouge. Si l’on veut que l’Europe redémarre, il faut lui redonner notre confiance. C’est vrai pour l’Europe, pour la politique, pour entreprendre, pour tout.

    Jacques : La confiance est vitale dans la mesure où elle est modérée.

    Monique : La confiance est un à priori, c’est un pari qui fait avancer, mais que si on avance malgré les expériences, si on reste dans la doctrine, ça devient de la crédulité et c’est dangereux.

    Pierre : Ce qui est vital c’est de faire le bon choix entre la confiance et la défiance.

    Mireille : « Les enfants ont une confiance aveugle à tout ce qu'on leur dit car ils sont naïfs. Plus tard, après des déboires, nous hésitons avant de faire confiance, pourtant la vie serait invivable si nous ne faisions confiance à personne. » (réf. inconnue) 

    Pierre : Je trouve que c’est trop abrupt de parler de confiance sans parler de l’objet auquel elle se rapporte. Effectivement on ne pourrait pas vivre si on ne faisait confiance à personne mais tout dépend des enjeux qui sont plus ou moins importants.

    Macha : La confiance n’est pas systématique, on choisit à qui et en quoi on peut faire confiance.

    Catherine : Dans ce rapport entre la confiance et la vie, je dirais que la vie est un terrain à conquérir, on avance dans la vie qui est pleine d’embuches et pleine de risques, c’est à nous de faire la balance entre la confiance et la méfiance.

    Mireille : La confiance est à la fois fondamentale et dangereuse ; elle est fondamentale car sans confiance, il serait difficile d’envisager des relations humaines ou de bâtir des projets qui se développent dans le temps ; elle est aussi dangereuse, car elle implique les risques de la faillibilité humaine et de la trahison. Comment assumer ces risques sans glisser de la confiance à la crédulité ? Mais, comme c’est écrit dans l’article « Approche philosophique de la confiance » dont je vous ai déjà parlé « Par ma nature humaine et à mon insu, je suis porté à croire que ma vie poursuivra son cours. Sans cette confiance irraisonnée, je serais dans l’incapacité de commencer ma journée. ». Ça résume bien  la dynamique de la confiance et son aspect vital.

    Fermeture des échanges (par Anne)

    Qu’est-ce que la confiance ? Michela Marzano

    « Il ne s’agit pas de croire que la confiance doive être absolue et aveugle, ou que les autres soient toujours fiables et dignes de confiance. Mais il ne s’agit pas non plus de penser que la seule confiance digne de ce nom soit ce qu’aujourd’hui on appelle couramment la « self-estime », une forme d’assurance qui permettrait à ceux qui en sont pourvus de ne dépendre de personne. Certes, sans confiance en soi, rien n’est possible. Ce n’est qu’ensuite qu’on peut aussi s’ouvrir aux autres, construire un espace de partage, bâtir avec autrui un projet commun. Pourtant, la confiance en soi relève aussi de la capacité à créer des liens. Pour cela, il faut pouvoir aussi croire aux autres, leur faire confiance et accepter le risque de la dépendance... Elle est à la fois fondamentale et dangereuse. Elle est fondamentale car, sans confiance, il serait difficile d’envisager l’existence même des relations humaines – des rapports de travail jusqu’à l’amitié ou bien l’amour…Mais la confiance est aussi dangereuse, car elle implique toujours le risque que le dépositaire de notre confiance ne soit pas à la hauteur de nos attentes ou, pire encore, qu’il trahisse délibérément la confiance que nous lui faisons. Lorsque nous faisons confiance à quelqu’un, il nous arrive de croire en lui, sans savoir exactement pourquoi, ou du moins sans pouvoir expliquer les raisons exactes de notre confiance. Mais comment expliquer ce « saut » dans le vide ? N’y a-t-il pas là le risque de glisser dangereusement de la confiance à la crédulité ? »

    Poème (lu par Anne)

    Paul Eluard

    Elle se penche sur moi

    Le cœur ignorant

    Pour voir si je l’aime

    Elle a confiance elle oublie

    Sous les nuages de ses paupières

    Sa tête s’endort dans mes mains

    Où sommes-nous

    Ensemble inséparables

    Vivants vivants

    Vivant vivante

    Et ma tête roule en ses rêves

    Que vous ayez été présent ou non à cette rencontre, si vous voulez apporter un complément à ce débat, n’hésitez pas à faire un commentaire en cliquant ci-dessous.  Vous pouvez être avertis des commentaires faits en vous inscrivant à la Newsletter (en bas de la page à gauche). Merci pour votre participation et rendez-vous Dimanche 31 mars (même heure, même lieu)

    La question choisie à mains levées, sera: « La mémoire est-elle indispensable à la conscience ? »

    Le thème choisi pour le 28 avril est  « La passion ». Préparez vos questions.

    Mireille PL 

     


  • Commentaires

    1
    Mireille PL
    Samedi 9 Mars à 16:22

    Cette conclusion de l’article « Approche philosophique de la confiance » si proche du réel de notre quotidien décrit si bien cette confiance en la vie que nous avons tous plus ou moins consciemment sans laquelle notre existence serait un véritable cauchemar et ne vaudrait pas la peine d’être vécue.

    Et pourtant…

    Sans y penser, nous croyons spontanément à la permanence de notre univers familier. Les catastrophes ne cessent de ravager le monde et de frapper près de chez nous. Mais nous sommes certains de retrouver, tout à l’heure ou demain, notre petit monde : nos proches, notre appartement, notre rue, notre trajet, notre lieu de travail, nos collègues, nos amis.

    Sans y prêter attention nous croyons spontanément en l’organisation sociale. Les dysfonctionnements nous agacent en nous incitant à la critique et à la méfiance. Pourtant, nos actes témoignent du crédit que nous accordons aux institutions : nous conduisons nos enfants à l’école, travaillons et faisons appel aux services de l’État.

    Sans y prêter attention, nous croyons spontanément à ce que les autres nous disent. Nous savons qu’il existe des menteurs et des escrocs et que les médias nous manipulent. Pourtant, nous croyons souvent nos proches sur parole, consultons sans méfiance le médecin.

    Nous puisons régulièrement nos infos dans les journaux. Sans y prêter attention, nous croyons spontanément au sens de l’humanité. Les violences que l’homme fait à l’homme suscitent en nous indignation et sentiment de l’absurde. Pourtant, nous désirons l’amour et l’amitié, et nous tissons des liens de tendresse.

    Nous mettons au monde des enfants et pensons fortement à leur avenir. Du fond de l’incertitude irrésorbable de l’existence, malgré nos doutes, nous attestons du fait que rien d’humain ne saurait exister sans confiance.


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